Les pins π

Joan Mitchell, Girolata Triptych, 1963




















Ils jaillissent
côte à côte,
leurs troncs

parallèles. Là-haut
leurs branches
s'embranchent

comme on dirait
des bras s'embrassent.

Nos pins sont
des intimes saouls
qui se parlent

front à front,
et qui se parlant

front à front
font un symbole.

Un nombre π
en bois et sève,
mais qui ne mesure

pas bien
l’étendue de
ce qui nous cerne.

Une lettre π
de résine et d’aiguilles,
et qui est

tout ce qu'il y a
de lisible

dans cet alphabet abscons
de la ville.