chambres

entre elle et moi c’est encore la nuit. et la pluie.
comme chaque matin à présent, vers 8 heures, je
la regarde enfiler des sous-vêtements noirs dans
le miroir. je ne la vois pas faire sa toilette. mais
je sais qu’elle la fait ; et s’habille jusqu’à 8 heures
16. elle court maintenant de pièce en pièce. la
chambre s’éteint, la salle d’eau, dans le living, se
courbe sur l’enfant, un blouson, une écharpe, un
bonnet. à 28, c’est l’extinction... à 31, du hall éclairé
soudain, surgit un vélo ; sur le porte-bagages, le
petit garçon sous la pluie patiente, indolent ; le vélo
entre ses cuisses, elle tire ses gants, se dresse sur
les pédales, et, un filet de brume aux lèvres, pèse de
tout son corps et disparaît au tournant. dans mon
dos la lumière s’allume : le couloir. non. la salle de
bain. de l’eau coule. bruit de brosses, parfum. la
lumière s’éteint. la porte du salon grince, elle se
penche, m’embrasse, elle s’est finalement endormie,
c’est encore ses dents. à ce soir
, se drape dans un
manteau, la serrure, clac clac, tu fermeras derrière
moi ?
un dernier grincement, hmm hmm.

1 commentaire:

Noella a dit…

Rallumez les projecteurs et le film va commencez ...
Et bonne journée stephane!