Relever les fleurs

Georges Seurat, L'Enfant blanc, 1884






























C’est une seule fois l’an,
à la Toussaint.

Je pousse la grille,
j’entre, les cherche.

Les vois
et je sais.

Quand le matin glacial 
a gommé les masques

et la nuit, ce veglione
où l’enfant exprès est exsangue,

la mort se colore
sous l’hellébore,
le chrysanthème.

Les marguerites.

Elles m’informent.

La tempête
les a jetées
sur le gravier entre

l’acacia
blanc et
le granit.

Je relève
ses fleurs,

les pose
sur ta petite

tombe.

Une fois par an une réponse est
posée là pour nous sur la pierre.

« Il vit encore. »