méditations debout

1

on se recueille quand on marche.

on fait « régime de silence », oui
mais aussi je veux dire : on agrège,


on consigne parmi la complication
des rapports les segments significatifs.


dans le silence méditatif assourdissant
on cherche un sens à l'histoire.


mais parfois marcher déçoit,
n’est qu’un Mardi gras de pensées,


une polyphonie dissonante de considérations
qu’on promène : on laisse pisser ce chien,


et mille fois le même chemin pratiqué,
mille fois le même chemin varie du tout au rien.


2

dans le langage du ritzu zen,
méditation debout,
on l’appelle la posture de l’arbre.
sur une corniche,
l’homme, ses bras en cercle devant lui,
embrasse une sphère invisible.
radar,
il capte les fréquences de l’air,
les atomes des embruns,
et les mêle aux siennes, aux siens.
l’homme aux yeux fermés voit mieux que quiconque.
immobile dans le vent.
et douze mètres au-dessous la marée gronde.
l’homme debout
a pour toute compagnie un yucca
poussé là on ne sait trop comment
de la taille d’un enfant
et qui singulièrement domine
du nord au sud
cent mètres de laisse et le fusain des goémons,
et qui moins immobile que l'homme debout dans le vent,
de ses blanches cloches curieuses,
périscopes de pétales et de sève,
l’observe.

Aucun commentaire: