digitaline

il y a sur mon mur une petite reproduction. Vénus et les trois Grâces
offrant des présents à une jeune fille, par Botticelli. juste au-dessous,
dans son vase de fortune, sous son vernis de poussière, a vieilli et
s’est desséché depuis un an, ou peut-être deux, un bouquet de roses
roses et rouges. les roses ont jauni. les rouges noirci. cependant, quand
je me concentre un peu, je note que ces dernières ne sont pas tellement
noires mais d’un grenat très foncé, comme celui d’une flaque de
sang sèche, et qui est la couleur exacte de la robe de la jeune fille dans
cette fresque redécouverte sous le badigeon d’une villa toscane quatre
siècles après qu’elle fut peinte par le Florentin. si la vie est bien dans tout
ce qui toujours change, alors il y a de la vie dans cette première moitié
du temps de la mort, car tout ce qui est mort au début aussi toujours
change. et c'est à cette vie grenat au ralenti dans la corruption des roses,
et qui aurait pu teindre ou peindre cette robe alors, que tète mon cœur.

3 commentaires:

Murièle Modély a dit…

c'est beau

Christine Saint-Geours a dit…

Dosage très personnel peu respectueux de la pharmacopée.

Stéphane Bernard a dit…

Le respect des posologies signifierait trop détruire cette part du mal qui nous fait croire qu'elle nous soigne.

Merci pour vos petites visites ^^