héron

le voir d’un coup, comme ça, à la nuit tombée
choque comme une annonciation, un miracle.

trois colonnes de lumière derrière lui tremblent sur l’eau maigre et la vase.

les éclairages glauques du pont sur le bief.
les feux de croisement inextinguibles bruissant au loin.

le corps éthérique du centre commercial, bleuté
déchiré par les couronnes nues du petit bois qui m’abrite.

trois colonnes de lumière trahissent.

dans sa posture verticale, pattes ancrées dans l’eau, le héron attend.
taxidermie, mais le cœur là, tambour battant.

un dieu païen descendu sur terre pour croire. assister à l’homme.
éclair de sang et de plumes piqué dans l’eau douce

et qui toise l’énervement humain,
guettant l’instant propice où le bec entrera dans la rivière et la proie.

entaille d’obscurité et de paix faite à la chair du monde.
et pleine d’orgueil. et pourtant le contraire de l’homme.

3 commentaires:

Cédric a dit…

Danse, d'un pied, et décidé
l'homme, campé, oscille


subsistance d'instant
que peu peuvent voir
merci

Anonyme a dit…

retrouvée la grâce de l’estampe
dans l'oiseau dressé
trait pur
immobilité de l’œil au dessin parfait
Christine

Stéphane a dit…

Merci à vous deux. Touché.