C'est à peine

Une nouvelle fois cette tête et ces mains s’associent –
et cette fois pour n’avoir plus qu’en commun d’être séparées
(rare) par le bien-être du reste du corps – toute cette sensation
que pèse la chair dissoute dans l’eau brûlante du bain.
 
Seules dans l’air ma tête et mes mains, c’est à peine
si je peux sentir mes organes et phanères – les habituels –
les uns dehors les autres dedans, pinçant, telle tenaille
qui fait tenir pour vrai ce crâne et ces mains. C’est à peine si je peux –
 
si je veux. A peine ce flou des arcades et du nez – taie de l’œil.
A peine ce sifflement suave d’un cerveau provisionné.
Et les mains ne sont plus à moi – comme « sorties » –
mais des pinces à livre plantées dans l’eau,
 
et conduisant à la pleine présence hypnotique du livre tenu.

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