Notes et contre-notes, I - IV


Le terrible – Le langage et nos sens couvrent Dieu comme la peau nous épargne la vue de nos tripes, sont le voile jeté sur le terrible.


Dans l’étui – Ces choses du monde qui me font une figure de leurs ombres ne sont pourtant pas vues : mes yeux sont rentrés, rangés ; occupent, stupéfiés, l’étui kaléidoscopique du moi.


Mirage – Dire est un concert d’ombres où leurs figures tues seules sont le vrai.


Folie – Ce qui fait la folie d’un homme n’est pas la distance entre ce qui est et ce qu’il voit, mais l’écart entre ce qui doit bien être et qui soi-disant n’est pas... Le fou se trouve, du côté du jardin de Dieu, au pied du mur qu’y a dressé l’homme.


Exérèse – De l’effroi est diffus en chaque nouvelle nécessité factice qu’ils créent. L’esprit est mobilisé et évacué par cet effroi contre du désir. Sa substance remplacée par un désir généralisé – de volume égal ou supérieur – et constitué de multiples infimes –, l’homme, plus que désir, est désarçonné, désarmé de tout maintenant où être, déraciné du champ même de la pensée.


La nuit monte – Soleil à notre hauteur, et que la mer mange... Et qui disparu, la nuit n’est pas venue ! – Il se couche, son or encore derrière, hors ses draps... Mais la voilà ! Et le noir à nos pupilles monte, comme la mémoire des feux nous passe.


(La suite de cet ensemble republié par Daniel Martinez sur le blog de la revue Diérèse)

2 commentaires:

Thierry Roquet a dit…

"Le terrible – Le langage et nos sens couvrent Dieu comme la peau nous épargne la vue de nos tripes, sont le voile jeté sur le terrible" ---> ça, c'est fort, très fort ! Terriblement fort ! (au passage, merci pour ton lien vers le Velvet Underground sur mon blog... je ne parviens plus à répondre à répondre aux commentaires sur mon blog depuis quelques jours). La bise.

Stéphane Bernard a dit…

C'est ton commentaire qui est terrible, Thierry, merci à toi !