L’Enfant et la Mère et l’Enfant

Elle ne crie plus. Après un long calme une injonction secrète à ton chevet. Se chausser, se couvrir. Ce silence c’était l’alerte. C’est l’instinct qui se signait avant fuir. Fuir. Attention aux charnières. Attention au jeu des planches. Attention à l’usure qui geint. Au caillou qui craque. Dehors le froid noir, qui moucharderait tout battement. L’effroi brut, sans le vêtement des questions. Raser les murs la nuit, avec peur et enfants. Tête de mère giratoire. Le bras tire. Des pas, vite. Plaquer le plus vivant que soi. Sous son aile, sens l’amour tiédi dans son souffle. Relève ta figure. Son absence forte. Sa force loin au-dessus, suivre. Se pétrifier sur un seuil, à plat contre une porte au premier ronflement d'un moteur qui peut être lui. Ne plus respirer, la main sur la bouche de ses enfants. Le décor les digère. C’est ainsi que le bois sans cœur remercie tout ce sang touché. Les phares scannent les trois corps de pierre. Bas-relief battant. L’Enfant et la Mère et l’Enfant. Les Miraculés. Se vomir de l’ombre jusque dans la boite qui brille. Cabine. Flamme votive dans la nuit. Surveillez ! Une première pièce tombe. Dieu merci, tu es là, viens ! Puis doucement. Religieusement. Susurrant. Cette fois il va me tuer.

1 commentaire:

Dominique Boudou a dit…

Ah ! c'est que la tête de la mère n'est pas que giratoire : elle a ses inquiétudes, ses obsessions...