la préparation du fugu

une sorte de chirurgie pour poisson dans une recette japonaise
a décidé pour moi le modus operandi.
j’écorne donc cette page sur le fugu d’une main qui s’apprête.
 
personne dans mes plis ne m’a goûté,
que moi, car j’y prends garde.
c’est pourquoi je m’attèle à la tâche d’une langue,
 
pour vous,
 
à l’apprentissage d’un art de me bonifier
par la séparation, dans le viscère,
du poison de la nacre des chairs,
 
à tenter l’ablation de ce quoi
qui infecterait quoi que ce soit qu’il toucherait.
 
et qui pourtant intouché je respire.
 
je me prépare. je suis des yeux. je tranche.
dans le vif et le moins vif et le mort.
 
je me taille.
je suis.
 
d’autres ont pour eux la biographie du saumon,
qui meurt d’avoir engendré au lieu qui l’a vu naître,
de retour après un long et saumâtre voyage d’instinct comme unique instant.
 
mais moi non. moi j’ai cette page faite sur un métier de bouche,
journal vieux, linceul, où se jettent l’abat, l’humeur d’un poisson venimeux.

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