le règne

tu as raison, nous étions trois à penser à lui,
à vraiment penser à lui quand la mort l’a saisi.

ce garçon, cette fille
enlacés à la frontière d’un contentement et d’une chance obscènes,
“spectacle du bonheur des générations nouvelles”,
riaient de la panique d'un caneton en retard sur sa fratrie.

je continuai mon chemin,
notai mentalement que la cane était incontestablement insensible
au sort du plus faible des siens.

puis il y eut le grand splash

et le cri glaçant de la fille.

je me tournai et visualisai avec effroi le goéland sur la rivière, caneton au bec.

l’oiseau mâchouiller l’oiseau.

défier dix autres yeux apeurés sous les joncs.

1 commentaire:

charles b a dit…

toujours avoir à l'esprit que la mort abat ses cartes à n'importe quel moment. les badauds de part les rues, léchant d’obscènes vitrines, tous ces yeux vulgaires, ces regards futiles se glacent lorsque la garce cruelle fond tout à coup, quelque part, parmi nous.