j'abîme

perdre m’a dressé contre la cime.
cette défaite, rien ne l’explique.
la colère de perdre me coupe tous les ponts.
je hais le beau, le riche, le chanceux.

la journée je sens trop l’humain. je me terre.
je ne me relève qu’à la nuit.
ma volonté est un fantôme.

à la lumière de l’aube
ma réalité projette des ombres trop crues.
des fautes si nettes que je m’y assomme,
et flanche en moi.
et sur le cul, des points blancs devant les yeux,
j’attends une brèche dans ma lâcheté et dans ma peur,
une brèche où voir, une brèche où passer.

2 commentaires:

bat a dit…

Ça me bouscule.
Juste ce qu'il faut.
;-)

Stéphane a dit…

Quand on peut rendre service... Merci , bat.