grèbe

l’oiseau aigu
glisse

puis plonge comme une agrafe
dans le tissu d’argent du lac,

vaccin net et prompt pénètre l’onde.

la surface suturée sans trace
vibre,

comme un mirage, une poitrine
après un âpre chemin.

ensuite
une éternité passer au crible l’eau.

dix, vingt,
trente secondes,

et le volatile reparaît.

loin.

miniature.

souffle inchangé.

6 commentaires:

Cédric a dit…

Toujours un plaisir

la notion de suspension est extrêmement bien rendue par le rythme du texte et les mots choisis
Nous, je suis avec vous, accroupi humble au bord du lac
Très efficace


(juste, sans vouloir vous offusquez, une éternité passer ou passée ? c'est pour être certain...)

Stéphane a dit…

Merci, Cédric. Et c'est bien "passer".

Anonyme a dit…

médecine douce
lente cicatrisation
certaines secondes sont longues à passer
eau, crible,
rien ne disparaît
tout à fait
Christine

Guillaume Cingal a dit…

Vous découvrant via Anna de Sandre - c'est une illumination. J'aime beaucoup ce poème, aussi parce que le grèbe est un de mes oiseaux préférés - ses mouvements superbement déhanchés en phrases ici !

Stéphane Bernard a dit…

Merci, Guillaume !

Stéphane a dit…

Merci aussi, Christine !