l'adversaire

j’aimerais ne pas vous haïr,
que vous me soyez indifférents,
percer vos ventres comme l’âme légère du monde,
vous qui me blessez pour ne rien vouloir.
parce que mes jeux vous sont étranges,
étrangers, effroyables.
vous n’avez pas idée du feu qui rougit,
bien que sans gronder,
sur vos jours inutiles si précieux
à chacun de vos actes d’humiliation perpétrés sur d’autres.
ne craignez pas la force, mais la faiblesse.
ma force, c’est ma sensibilité.
ma faiblesse, c’est mon orgueil.
et sensibilité et orgueil liés font une bête qui souffre.
vous accumulez les signes d’une sentence irrévocable.
contrôlez-vous.
je me contrôle bien.
je suis assez malin pour tuer un certain nombre de fois,
avant d’être tué à mon tour.
j’ai fait mon choix.
c’est une perte d’écrire.
que la perte allège, cela seul est le gain a écrit
celui que je connais le mieux.
je peux mourir.
mon esprit est mon pays, ma terre,
la terre où vivre, où finir.
il s’étend au-delà des frontières de mon corps.
j’ai appris à le manier.
à sortir les griffes, à les rentrer.
elles font peur. le sang les nourrit, les durcit, les poursuit.
je ne dois pas les tremper.
je m’assagis. je suis dans ma coquille.
mes antennes glanent encore.
elles ne devraient pas.
je meurs de la honte d’être au monde.

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