brûlure et havre

l'enfant. le pansement se détache
de sa chair brûlée. les larmes, les cris.
c’est l’instant où le père comprend les femmes
de la Bérézina
qui se noyant et roidissant leurs corps
sauvaient encore leur enfant,
l'élevant au-dessus des eaux glacées
de leurs bras durcis en direction du ciel.
le sentiment que chaque souffle qu’a l’enfant
est un secret triomphe que nous murmure la vie.
que chacun de ses regards,
le moindre de ses sourires,
est la preuve qu’en elle existe un havre.
et qu’en elle il faut à tout prix l’épargner.

1 commentaire:

Charles a dit…

Nina est là, qui dort.
avant de m'avancer un peu plus dans l'insomnie, je suis monter la voir dormir. son doudou entre les doigts, sa respiration calme et secrète. ce petit corps de deux années seulement, qui me semble luire de l'entière Joie sacrée, dans la pénombre de sa chambre.
la vie semble si évidente, si dense, tellement importante.
ce serait un tel gâchis de ne pas l'y voir, de ne pas la ressentir ainsi, lorsque ton enfant est là, presqu'en toi...
ton poème est magnifique. j'avais pleuré en le lisant la première fois. j'essuie toujours mes larmes.