Job

à midi la brune. les ardoises
pétillent sur le toit, comme une friture glacée.
il pleut. il se lève. les croisillons moisis
de la fenêtre filtrent l’eau du ciel,
qui gagne et ulcère le papier d’un blanc
mat alentour. il ne voit pas la rue. ni le lycée.
il n’essuie pas la buée. se tourne. des kystes
de pourriture apparaissent sur les murs
de la chambre, à des endroits inattendus.
des gouttes piquent la peau de son pied nu.
oui, le radiateur suinte. rêve de purge.
il retourne au lit, écrit – peut-être ça – dans
son journal. mais au bout de vingt lignes,
son esprit dérape : momentanément fou,
il plonge son stylo comme un poignard dans
le cahier ! cahier qu’il finit par détruire
de ses propres mains ! après,
les confettis qu’il lance s’éparpillent
dans la pièce. il ferme les yeux. se rassemble.
les pulsations ralentissent. sa main se pose,
aveugle, sur l’épais livre. ses paupières
s’ouvrent, il caresse du bout des doigts le
papier bible. et reprend le récit là
où cette quasi nuit à midi l’avait suspendu
et fait se lever, suspicieux. et une nouvelle fois
la vie de Job le calme, à l’abri de la pluie,
à l’abri du fouet de la langue.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

J'ai appris des choses interessantes grace a vous, et vous m'avez aide a resoudre un probleme, merci.

- Daniel

Stéphane Bernard a dit…

Tout ça est bien mystérieux... But you're welcome.

Anonyme a dit…

Et moi c'est esaie.