un point à l’horizon

la mort nous quitte. avec elle le sens. nous nous séparons,
simples côtes sans l’onde ou la chair par où les lier.

je veux dire : la mort physique nous quitte.
j’ai trente-huit ans. j’ai connu le contact d’un seul front glacé.

un seul faciès de marbre baisé pour dix corps rendus sans les voir.

l’angoisse polie par l’habitude du côtoiement des morts
reflète, je crois, ce que vous nommez peut-être vérité.

telle est la lueur due au charbon de la mort,
et que l’on perd, et qui nous quitte.

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