rendormissements

au sortir d'un cauchemar agréable où il était question
de la beauté, de son échec - et de ma maladresse,
où à écarter les bras de bonté ou de stupeur, on finit
par envoyer valser tout ce qui approchait, ce qu'on
attendait, j'ai ouvert les yeux, et je l'ai vue là, à mon
côté, sa jolie petite trogne endormie sous mon bras,
j'ai levé la tête vers le ciel, et j'ai compris que cette
lumière qui avait baigné notre immense et dégringolante
ascension, et qui maintenant baignait notre repos, était
la lune en croissant. dans ce haut miroir pour l'âme, j'ai
revu le passé récent, les dernières minutes, et j'ai serré
son épaule plus fort, et j'ai respiré son parfum plus fort.
je me suis réveillé une nouvelle fois peu avant l'aube.
j'ai repensé à tout ça, et je l'ai voulue, voulue ! et j'ai levé
la tête au ciel : la lune cédait sa place à une très
scintillante étoile. la troisième fois, c'est son alarme
qui m'a tiré du sommeil. elle s'habillait, avait un train
à prendre. je lui ai dit que la lune fuyait. elle m'a répondu
qu'elle la suivrait dans la rue.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

La pleine lune est faite pour les diners.